La pénurie d'infirmières et son impact sur la pratique infirmière

Les infirmières et les infirmiers sont fatigués. Faire des heures supplémentaires, c'est normal et même exigé. Les salles d'examen sont remplies de patients qui attendent de se faire examiner, mais souvent, le personnel n'est pas assez nombreux pour répondre à leurs besoins.

À plusieurs occasions dans son histoire, la Saskatchewan a connu des pénuries de personnel infirmier. La pénurie que l'on connaît présentement est probablement la plus urgente de toutes; de plus en plus d'infirmières et d'infirmiers qui sont formés en Saskatchewan quittent tout de suite la province, attirés par des salaires plus élevés.

Dans une lettre envoyée en février 2006 au ministre de la Santé de la province, la SUN expose ses inquiétudes face à la pénurie de personnel infirmier :

La Saskatchewan Union of Nurses ( SUN ) est inquiète : la Saskatchewan manque de personnel infirmier autorisé et de personnel infirmier auxiliaire autorisé; cette pénurie s'aggrave et devient chronique. Cela a des conséquences négatives sur la sécurité dans les soins prodigués aux patients et l'accès public aux soins. Cette pénurie a aussi des conséquences négatives sur la profession elle-même : la province a de plus en plus de difficulté à garder du personnel infirmier d'expérience dans ses rangs ou d'attirer de nouvelles recrues.

La Saskatchewan a le pire taux de rétention de personnel infirmier autorisé au pays; sa situation ne s'est pas améliorée depuis 1997.

Le nombre d'infirmières et d'infirmiers autorisés en Saskatchewan a baissé de 0,5 % depuis l'an 2000. Au Manitoba, pour la même période, on a pu observer une augmentation de 5,7   %, et dans tout le pays, l'augmentation du nombre d'infirmières et d'infirmiers autorisés se situe à 6%. La Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse sont les deux seules provinces à avoir connu une baisse d'effectifs entre 2000 et 2004 1

De tout le personnel infirmier autorisé qui a complété ses études en Saskatchewan (autant des nouveaux diplômés et que du personnel d'expérience), 33,2 % travaillent maintenant dans d'autres provinces, principalement en Alberta et en Colombie-Britannique. De tous les diplômés de programmes infirmiers de la Saskatchewan qui travaillaient dans leur domaine au Canada en 2004, seulement 66,8% étaient encore en Saskatchewan. En 1997, le taux de rétention du personnel infirmier autorisé était de 67% en Saskatchewan; la situation ne s'est pas améliorée depuis.

La pénurie de personnel infirmier affecte beaucoup celles et ceux qui travaillent dans la province. Des infirmières et des infirmiers abandonnent leur profession à cause de la trop grande quantité de temps supplémentaire qu'ils doivent effectuer; d'autres abandonnent, victimes du stress qu'ils vivent à cause des charges de travail excessives et du manque de support qui est quasi inexistant. En 1999, pendant la grève des infirmières et infirmiers de la SUN , ces derniers ont apporté leurs vieilles chaussures usées sur les marches du Palais législatif à Regina. Ces chaussures symbolisaient tous ceux et celles qui avaient quitté la province ou leur profession à cause des conditions de travail.

Tendances de la main d'œuvre des infirmières et infirmiers autorisés au Canada, 2004, ICIS 2005, p 50.

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