Les infirmières défendent les soins de santé publics universels

Depuis l’époque de Florence Nightingale, les infirmières autorisées ont demandé à ce que de meilleurs soins soient donnés aux patients. Elles voulaient que la lessive soit effectuée de façon adéquate et que les patients aient accès à des draps et des serviettes propres pendant les week-ends. Elles ont aussi exigé l’implantation des meilleures politiques en soins de santé, pour le plus de gens possible partout dans le monde.

Au Canada et en Alberta, les infirmières ont été d’ardentes partisanes du système de santé universel et public : le régime canadien d’assurance-maladie.

La vice-présidente d’UNA, Bev Dick :

«Les infirmières s’inquiètent beaucoup dernièrement, particulièrement en Alberta. Elles craignent ce gouvernement et les initiatives de privatisation. Elles se demandent quel en sera l’impact sur les soins aux patients. La qualité des soins et la solidité du système de soins de santé public sont très importants pour les infirmières. »

En octobre 1993, les infirmières ont participé à l’organisation d’une manifestation contre les compressions budgétaires du gouvernement en matière de santé. L’UNA,  l’Alberta Association of Registered Nurses et la Staff Nurses Association of Alberta voulaient dénoncer ces coupures dans les soins de santé.  Les trois organisations ont préparé une campagne de publicité dans les journaux.

La présidente d’UNA, Heather Smith, raconte l’importance de lutter contre la privatisation :

«C’est devenu très clair pour moi que nous avions quelque chose de particulier qui nous faisait faire notre travail un peu différemment, d’une meilleure façon. On ne s’inquiétait pas du coût des portes-cotons et on n’avait pas à tout rapporter dans les livres. On voyait bien ce qui se passe aux États-Unis et je savais qu’on était différents au Canada, parce qu’on ne s’inquiétait pas de ces choses-là. »

Encore une fois en 1996, les Albertains ont dû se plier aux conséquences de la réduction de la dette du gouvernement, aux dépens des soins de santé, de l’éducation et des services sociaux.

En février, l’hôpital Salvation Army Grace de Calgary a fermé ses portes. L’Hôpital Charles Camsell d’Edmonton, l’Hôpital Holy Cross de Calgary et l’unité de santé Minburn-Vermilion ont connu le même sort cette année-là.

Au même moment, le gouvernement a annoncé l’injection de 11,4 millions de dollars dans les budgets des régies régionales de santé afin de réduire les listes d’attente pour des remplacements d’articulations et pour des chirurgies cardiaques.

L’UNA a préparé un feuillet d’information sur les soins de santé en Alberta. Il y était démontré qu’avant les compressions importantes dans les soins de santé, la province dépensait moins en soins de santé qu’ailleurs au pays. Avant 1994, l’Alberta a seulement dépensé 5,99 % de ses revenus totaux en soins de santé, comparativement à la moyenne nationale de 6,97 %. Des dépenses qui ont été dramatiquement réduites en Alberta après 1994.

L’infirmière Pam Little, a observé plusieurs changements depuis les années 1990 :

« Nous demandons aux clients de payer pour plusieurs choses maintenant. Avant, on faisait des plâtres gratuitement, et maintenant les patients doivent payer. Il y a toute sorte de choses qu’on fait payer maintenant. Là où je travaille, il y a une cachette. On demande aux patients de rapporter les objets quand ils en ont fini. La compagnie n’aimerait pas savoir ça, mais nous en avons besoin parce qu’il y a des gens qui ne peuvent débourser 50 ou 100 dollars pour une attelle. Je trouve ça très dérangeant de voir que ce que je prenais pour acquis n’est plus gratuit et que les gens doivent faire des choix. »

Le nombre total d’infirmières autorisées qui ont un poste permanent en Alberta a diminué de 30 pour cent depuis 1995. Des milliers d’infirmières ont été congédiées. Lorsque UNA a rendu ces informations publiques, le gouvernement a arrêté de colliger les statistiques. Les détails de l’année 1996 ne sont donc pas disponibles.

À l’assemblée générale annuelle de UNA en 1997, les membres ont montré leur inquiétude face à la privatisation des soins de santé. Dans un sondage, 94 % des infirmières ont noté que la privatisation des soins de santé était  « un enjeu très important dont UNA doit s’occuper ». L’Association a commandité une campagne nationale de cartes postales qui demandait une Commission d’enquête sur les soins de santé. Des milliers de cartes ont été distribuées et envoyées au ministre fédéral de la Santé.

L’UNA et des particuliers ont continué de militer afin de protéger le système de soins de santé public. Vers la fin des années 1990, les infirmières ont rejeté le projet de loi 37, qui permet l’instauration d’hôpitaux à but lucratif. Le gouvernement albertain a finalement retiré ce projet de loi.

En 2000, les infirmières ont milité contre le nouveau projet de loi 11, the Health Care Protection Act  (la Loi sur la protection des soins de santé). Elles l’ont dénoncé de concert avec les Friends of Medicare (les Amis du régime d’assurance-maladie). La loi a toutefois passé, mais dans une version diluée qui ne permet pas l’implantation d’hôpitaux à but entièrement lucratif.

La présidente d’UNA, Heather Smith, explique :

« Le projet de loi 37 devait permettre la gestion privée des hôpitaux, dans le but d’y faire du profit. Il a été modifié pour devenir le projet de loi 11, le Health Care Protection Act (la Loi sur la protection des soins de santé).  C’est un oxymoron parce que ça n’a rien à faire avec la protection des soins de santé. »

Spacer